« Ce que j’ai appris depuis que je suis papa… », par Sébastien Diaz

« Ce que j’ai appris depuis que je suis papa… », par Sébastien Diaz

Cela fait tout juste un an que la petite Liv est entrée dans la vie de Sébastien Diaz. Il partage avec nous quelques souvenirs et les grandes découvertes de cette année riche en émotions.

Animateur télé, réalisateur, journaliste, auteur, musicien, cinéaste, Sébastien Diaz est passionné de découvertes culturelles. On peut le voir chaque semaine sur les ondes de Télé-Québec, où il présente l’émission Formule Diaz. L’automne dernier, sur la même chaîne, il coanimait Format familial en compagnie de sa conjointe Bianca Gervais.

« Pour le papa, la grossesse demeure une période très abstraite. Bien sûr, notre blonde se transforme physiquement, est épuisée, a les émotions à fleur de peau… Mais pas nous ! Selon moi, la « grossesse » du papa commence à la naissance. C’est là que bébé devient concret, réel, et qu’on comprend vraiment dans quoi on s’embarque. Ce qui fait que pour papa, les neuf mois d’acclimatation débutent souvent au jour 1 de bébé. Mesdames, il faut donc être indulgentes et nous laisser apprivoiser cette nouvelle réalité.

Pour soutenir ma bonde pendant son accouchement, j’avais préparé une sélection de chansons rassurantes. Des chansons qui ont une signification particulière pour nous. Elle a donc accouché en écoutant Les Sœurs Boulay et Space Oddity de David Bowie !

À la naissance de ma fille, j’ai eu l’impression d’être en décalage horaire pendant un bon mois ! Comme je suis travailleur autonome, je n’ai malheureusement pris que trois semaines de congé de paternité, mais j’en ai profité au maximum. C’est une période de vie à la fois enivrante et terrifiante, parce que tous nos repères disparaissent du jour au lendemain.

C’est très important pour moi de garder mes chums, mais ce n’est pas toujours facile. J’ai bien senti que certains de mes amis étaient totalement déstabilisés lorsque j’ai amené ma fille dans une fête pour la première fois. Pour ma blonde et moi, ce qui a beaucoup aidé, c’est le fait que notre fille nous suive partout. Nous avons réduit la cadence des sorties et des activités sociales, mais les soirées entre amis au resto existent toujours, avec une chaise haute en extra…

Il n’y a pas d’école pour les parents. J’ai 33 ans et ma fille aura bientôt 1 an, ce qui fait que je suis un papa de 1 an. Un bébé papa, finalement ! J’apprends à m’ajuster au jour le jour. Mais j’ai été surpris de ma capacité d’adaptation. Après 24 heures, j’étais déjà un expert en changement de couches ! J’ai l’impression que tout vient d’instinct. Dans mon cas, du moins. Et je me découvre une capacité incroyable à créer de la magie pour ma fille au quotidien. J’ai commencé à lui jouer de la guitare et du ukulélé et je vois les étoiles dans ses yeux. Peut-être deviendra-t-elle musicienne comme son papa ? Le plaisir d’être parent, c’est d’inventer un monde, un imaginaire pour notre petit, et de sentir l’émerveillement naître en lui.

Ma fille est ma plus grande fierté. C’est la plus belle, la plus extraordinaire et la plus charmante petite chose qui soit. Avoir une fille m’a assurément rendu plus fort, plus sensible et plus grand. Je suis une meilleure personne depuis que je suis papa. »

Source: Enfants Québec, avril 2015

Comment survivre aux premières semaines de bébé ?

Les 10 mantras de la nouvelle maman

Crédit: ShutterstockComment survivre aux premières semaines de bébé ? Rien ni personne ne peut réellement vous préparer à cette expérience unique, mais certaines résolutions peuvent s’avérer fort utiles. En voici 10. Julie Chaumont1 « Mon corps est mon meilleur allié »
La grossesse et l’accouchement ont beau être des phénomènes naturels, n’en reste pas moins qu’ils laissent des traces. Utérus déplacé, bassin décalé, douleur au dos, au ventre, au nerf sciatique, au coccyx, à la symphyse pubienne ou au plancher pelvien : les inconforts peuvent être nombreux. Plutôt que de les endurer, une visite chez un professionnel de la santé (ostéopathe, physiothérapeute, chiropraticien, massothérapeute, acupuncteur) peut grandement aider. « Si l’accouchement a été particulièrement difficile, la nouvelle maman peut venir en consultation dans les jours suivants », précise Geneviève Lauzière, ostéopathe spécialisée dans les traitements pré et postnatals. Pour celles qui ont eu un accouchement vaginal, prévoyez un premier rendez-vous dans un délai de trois à quatre semaines, et six semaines après l’accouchement pour celles qui ont eu une césarienne.2 « Zzzzz (respire) Zzzzz… »
Ce n’est qu’à partir de 6 mois que les bébés ont les capacités physiologiques de dormir une nuit complète, donc armez-vous de patience… et de power naps ! « À mon premier accouchement, une infirmière m’a dit qu’une nouvelle maman devait faire deux siestes par jour », raconte Catherine Laurence-Ouellet, maman de Louis-Thomas, 2 ans, et Rose-Hélène, 6 mois. « J’ai pris cette recommandation au pied de la lettre et c’est ce qui m’a permis d’être reposée. Si on m’avait simplement dit de dormir en même temps que le bébé, je ne l’aurais sans doute pas fait », croit-elle.Faire la sieste en plein jour exige un certain lâcher-prise – les brassées et la vaisselle devront attendre ! Pour vous aider, éteignez la sonnerie de tous les téléphones et tirez les rideaux. Allongez-vous dans un endroit confortable, fermez les yeux, puis respirez doucement et profondément en relâchant chacune des parties de votre corps. « C’est mieux de faire la sieste en matinée ou tôt en après-midi et de ne pas dormir plus de 20 minutes, afin de ne pas nuire au sommeil de nuit », recommande Dominique Petit, agente de recherche au Centre d’études avancées en médecine du sommeil.

« Mange, bois, aime »
Allaiter, ça donne soif… et faim ! Pour éviter d’avoir à réchauffer un pâté chinois en plein milieu de la nuit, avec un bébé accroché à votre sein, optez pour des collations. La nutritionniste Stéphanie Côté recommande de miser sur les protéines et les fibres alimentaires afin d’être rassasiée plus longtemps et d’avoir une énergie plus stable. À avoir sous la main lorsqu’on ouvre la porte du frigo ou du garde-manger : cubes de fromage et fruits et légumes déjà apprêtés, noix, graines et produits céréaliers à grains entiers. Sans oublier un très grand pichet d’eau !

 « L’amour ne se divise pas, il se multiplie »
L’arrivée d’un bébé ébranle le couple. De deux, vous passez à trois (ou plus !)… et inévitablement, la dynamique change. « Avec l’arrivée d’un bébé, le couple doit se redéfinir. Plus rien ne sera comme avant…

Mais l’admiration que vous avez l’un pour l’autre ne doit pas en pâtir », dit Geneviève Parent, sexologue, psychothérapeute et conseillère parentale. Elle suggère de créer des occasions de se retrouver à deux : un souper en tête à tête lorsque bébé est endormi, ou simplement un papa qui vient se coller sur la maman qui tient l’enfant dans ses bras pour lui souffler des mots doux à l’oreille.

5 « Reste zen »
Mais d’où viennent ces larmes soudaines et incontrôlables ? Le baby blues survient en général le troisième jour suivant l’accouchement, au moment où les hormones de grossesse disparaissent. « La femme peut se sentir plus irritable, fatiguée, découragée et pleurer facilement pour des riens. Néanmoins, en l’espace d’environ deux semaines, cet état se résorbe généralement », dit Isabelle Tremblay, psychologue. Pour mieux vivre cette période difficile, elle recommande de se reposer, de bien se nourrir, d’être bien entourée et de prendre du temps pour soi, ne serait-ce que pour aller faire un petit tour du pâté de maisons.

Comment être sûre qu’il ne s’agit pas d’une dépression postpartum ? Parmi les symptômes à surveiller : humeur triste, irritabilité, problèmes de sommeil, gain ou perte d’appétit, perte d’intérêt pour des activités normalement appréciées, culpabilité, sentiment d’impuissance, pensées suicidaires, etc. Si vous constatez que ces symptômes nuisent à votre bien-être et à votre fonctionnement, qu’ils s’intensifient au fil du temps, il serait bon d’aller chercher de l’aide. Une psychothérapie est habituellement nécessaire pour se sortir de la dépression.

6 « Le monde m’appartient »
Ce n’est pas parce que vous avez un poupon que vous devez rester cloîtrée. Même si vous allaitez. « Je vois trop souvent des femmes “prisonnières” de la chaise berçante installée dans la chambre du bébé, constate la consultante en lactation Chantal Lavigne. Les femmes devraient allaiter où bon leur semble, dans n’importe quelle position. On peut même allaiter en marchant ! » Il ne faut donc pas hésiter à sortir se promener.

7 « Je suis la gardienne du foyer »
Si vous êtes fatiguée et que l’idée de recevoir famille et amis vous stresse, n’hésitez pas à laisser la porte fermée. Accueillez les proches qui vous font du bien ou qui sont prêts à mettre la main à la pâte pour vous aider. Le mot d’ordre : vous écouter. Aussi difficile que cela puisse être. « Quand je suis revenue de l’hôpital avec mon bébé, mes beaux-parents, qui habitent loin, étaient déjà à la maison et ils sont restés deux semaines. J’aurais préféré vivre les premiers jours de notre nouvelle vie avec mon conjoint, dans notre bulle, d’autant plus qu’ils ne m’étaient pas d’une très grande aide. Je me promets que les choses seront différentes à mon deuxième », affirme Brigitte Lacroix, maman d’Élizabeth, 2 ans et demi.

8 « Je relaxe et je me laisse gâter »
Laissez les autres vous aider et profitez des services offerts aux jeunes familles, comme la visite d’infirmières, de marraines d’allaitement ou de bénévoles spécialisés dans les relevailles. Plusieurs coiffeurs, professionnels de l’esthétique et massothérapeutes proposent des services à domicile. La présence d’une aide-ménagère est un luxe auquel on s’habitue très rapidement ! « Quand j’ai accouché de mon premier bébé, mes parents m’ont offert comme cadeau de naissance l’aide d’une femme de ménage pour les six premiers mois. Quatre ans plus tard, elle vient encore ! » témoigne Catherine Bouchard, maman d’Adrien, 4 ans, et Félicie, 2 ans.

9 « Toutes les mamans sont mes amies »
Rien de plus libérateur que de causer d’épisiotomie, de montée de lait ou de retour de couches avec quelqu’un qui sait de quoi on parle. Cours prénataux, activités pour mamans et bébés, cafés spécialisés et parcs de quartier sont des endroits propices aux nouvelles rencontres. Lors de sa première grossesse, Geneviève Croteau, mère de Marianne, 5 ans, et Alice, 3 ans, s’est liée d’amitié avec une dizaine de mamans sur un forum spécialisé. Au moins une fois par an, ce groupe organise un rendez-vous « réel ». Elles ont même déjà loué un chalet ensemble ! « Comme on a accouché à peu près toutes en même temps, on continue de vivre les grandes étapes ensemble, comme l’entrée à la maternelle. C’est bon de pouvoir pleurer en groupe ! »

10 « C’est moi la maman »
« Il vient juste de boire, tu lui donnes encore du lait ? », « Tu devrais le laisser pleurer », « Tu l’as toujours dans les bras, tu vas le gâter »… Difficile de ne pas se sentir submergée par les nombreux commentaires et conseils de notre entourage… « C’est important de se faire confiance et de faire confiance à son bébé. Ce dernier est capable d’exprimer ses besoins et nous, en tant que parent, on a toutes les compétences nécessaires pour y répondre si on se connecte à lui, si on l’écoute attentivement », affirme Alice Trépanier, doctorante en psychologie et consultante périnatale. Bref, être parent s’apprend au fil des jours, en faisant connaissance avec son enfant et en apprenant à se faire confiance… Et, oui, vous allez y arriver !

Mantra pour un nouveau papa « Je donne mon 100 % »
« J’avais sous-estimé ce grand changement et avais pris quelques engagements, dont un rendez-vous chez le coiffeur que j’ai évidemment complètement oublié. Je regrette d’avoir mis autre chose que la paternité à mon horaire des premières semaines. Je crois qu’on doit se donner à 100 % à son bébé et à sa conjointe afin d’embarquer à 100 milles à l’heure dans cette expérience qui vaut la peine d’être vécue à fond, pas à moitié », témoigne Patrice Turcotte, papa de Livia, 1 an et demi.

Pour aller plus loin dans votre préparation : Le 4e trimestre

Source: enfantsquébec.com

Hommage aux femmes qui m’inspirent!

En cette Journée internationale de la femme, j’avais envie de te remercier, toi la future maman, toi la nouvelle maman, que j’ai la chance de côtoyer par mon formidable travail.

Je voulais te dire combien je te trouve forte, courageuse et engagée auprès de ton bébé. Oui, courageuse, car quoiqu’on en dise, choisir de mettre au monde un enfant et d’en prendre soin, c’est tout un défi! Courageuse aussi de déployer tous les efforts nécessaires pour sortir, partager ton expérience, poser tes questions, venir rencontrer d’autres mères dans la même situation que toi, avec les mêmes inquiétudes, les mêmes joies.

Je voulais aussi te dire combien tu m’inspires, avec tes forces et tes défis, comment tu me remets en question parfois, dans mes certitudes de maman. Oui, car même si je suis conseillère périnatale, je n’ai pas réponse à tout. Toutes nos rencontres me nourrissent, me réconfortent dans mon rôle de mère, me font parfois sentir coupable de ne pas avoir fait assez, autant que j’aurais voulu…

Mais ce que je garde avant tout de ces moments à te côtoyer, c’est que nous sommes toutes profondément humaines, attachées à nos enfants, préoccupées par cette quête de les voir grandir heureux, épanouis et comblés.

Pour cette Journée internationale de la femme, je te souhaite un peu de temps pour toi, femme, du temps de qualité en tant que maman et en tant qu’amoureuse, et d’en savourer chaque instant…

Je termine en te disant merci, merci de partager ton expérience auprès d’autres mamans, merci d’être vraie, parfois vulnérable, et de venir chercher réponse à tes inquiétudes. Sache que tu es un modèle pour une autre maman, ne sous-estime pas tes forces!

Geneviève Fortin
Conseillère périnatale

Le yoga postnatal, qu’est-ce que ça apporte?

Le yoga postnatal est présenté aux mamans comme étant des rencontres permettant à la mère de retrouver son bien-être général et de tonifier les muscles sollicités par la grossesse et l’accouchement. Chaque séance inclut également respiration et relaxation pour se détendre et s’énergiser.

Les rencontres sont axées sur la remise en forme physique, émotionnelle et psychologique.

Sur le plan physique, la pratique du yoga postnatal comporte des postures bien précises dans le but de replacer le corps en suivant un ordre logique. Plusieurs favorisent la conscience et la tonification du plancher pelvien. Trop de femmes au Québec reprennent malheureusement leurs activités physiques avec impacts sans avoir pris le temps de s’assurer que le plancher pelvien a bien récupéré. En France, le système de santé offre systématiquement des rencontres de rééducation périnéale aux femmes qui viennent d’accoucher. On y a probablement compris qu’un plancher pelvien en santé permet de prévenir d’importants problèmes à venir (problème d’incontinence, problème sexuel, descente d’organes…).

Une attention importante est aussi accordée au travail des abdominaux. Toujours en suivant un ordre logique et dans le respect de l’ensemble du corps et de sa mécanique.

Encore une fois, de manière générale ces pratiques permettent de solliciter force et souplesse de façon harmonieuse. Elles permettent également de replacer les viscères.

Les techniques respiratoires permettent à la mère de faire le plein d’énergie, de se détendre, ce qui permet une meilleure intégration de ce grand changement de vie. Malgré le fait que l’arrivée d’un enfant est souvent un événement heureux, il reste que cela comporte une période de grand stress et d’adaptation.

Le yoga postnatal permet à la mère de se centrer, de se ressourcer, de lâcher prise, et de connecter avec ses forces. On peut dire que dans sa globalité, ces rencontres peuvent jouer un rôle dans la prévention de la dépression postpartum.

Par Stéphanie Moisan et France Richard, vos professeures de yoga prénatal et postnatal.

La St-Valentin… après l’arrivée de bébé!

Ce vendredi au petit matin, le sujet est « La sexualité dans le couple ». D’ici-là, voici un petit article bien intéressant.

CINQ BONNES RAISONS DE PASSER DU TEMPS EN COUPLE

1- ENTRETENIR L’INTIMITÉ

Pas facile de demeurer intime lorsqu’un enfant nous occupe toute la journée et bien souvent toute la nuit aussi. Vous avez beaucoup à faire et votre temps libre est une denrée rare. Il faut garder en tête toutefois que moins vous passerez du temps en couple, plus il y a de risque que cela devienne un engrenage pernicieux. Même en habitant dans la même maison et en s’aimant bien fort, il est possible de devenir étranger l’un à l’autre. Vous qui êtes devenue mère vivez probablement une réorganisation de votre propre identité. Il peut en être de même pour votre couple. S’offrir des moments de couple, et de couple seulement, vous permettra donc d’éviter de vous éloigner l’un de l’autre. Passer du temps ensemble vous rappellera les raisons qui font que vous avez choisi ce conjoint plutôt qu’un autre. Cela vous permettra aussi de regarder à nouveau l’homme qu’il est, plutôt que le père. Même si être papa peut ajouter à son charme! Donc, entretenir cette amitié est nécessaire afin de garder la flamme amoureuse en vie.

2- PASSER DU TEMPS ENTRE ADULTES

Qu’on le veuille ou non, être constamment avec son enfant vingt-quatre heures par jour peut finir par faire sentir certaines femmes comme inutiles ou même sans valeur. Le fait d’avoir des conversations – ou du babillage – uniquement avec son enfant peut devenir aliénant par moment. Des femmes ressentent ce besoin de voir des adultes et d’avoir des conversations de grandes personnes. Passer du temps avec votre douce moitié vous permettra donc d’obtenir un de ces moments. Pour ce faire, vous devez par contre suivre une condition bien importante! Tentez dans la mesure du possible de ne pas parler uniquement de vos enfants! Du temps d’adultes permet à toutes femmes d’éviter le sentiment d’isolement, de déprime, mais aussi lui permettra d’augmenter son sentiment de vaillance intellectuelle, de se sentir valorisée et utile.

3- DIMINUER LES RISQUES DE CONFLITS

Passer des moments agréables en amoureux permet de ne pas seulement vous voir au travers d’une lunette pleine de linge à plier, de vaisselle à ranger et de couches à changer. S’arrêter pour s’occuper de son couple permet d’oublier justement les conversations en lien avec le train-train quotidien. En laissant de côté les tâches et les soucis du quotidien, il y a moins de risque d’avoir d’accrochage sur ces sujets souvent épineux. Planifier des moments agréables vous permet de vous relaxer et d’augmenter la réciprocité entre vous. Si votre cerveau enregistre qu’il passe du bon temps, il aura sans aucun doute envie de recommencer. Les moments exempts de stress donnent moins envie de tout gâcher avec des échanges conflictuels.

4- FAVORISER LES RAPPROCHEMENTS SEXUELS

En offrant à votre couple des moments juste à lui, vous favorisez la complicité entre vous et votre conjoint. Ces moments de rapprochements pourront être empreints de tendresse, de sensualité ou d’érotisme. En étant parent, trouver des moments pour la vie sexuelle devient plus difficile puisque la spontanéité a, au grand regret de plusieurs, de la difficulté à s’activer. S’arrêter avec votre partenaire permet les échanges amoureux. Accepter de s’offrir du temps de couple vous sort d’un tourbillon de tâches et obligations qui se succèdent. De même, en augmentant la fréquence de vos rendez-vous amoureux, vous deviendrez davantage complices, donc, le désir sexuel a plus de chance d’être présent. Dans la mesure du possible, évidemment, les deux partenaires participent à ces rendez-vous avec gaieté de cœur! Pour plusieurs femmes, le désir sexuel vient avec la réciprocité amoureuse. Si cette dernière est mise de côté, il sera difficile d’animer son désir sexuel.

5- ÊTRE DES AMOUREUX À NOUVEAU

Pas facile d’être toujours des amoureux quand c’est le chapeau de parents que vous portez le plus souvent. En vous permettant de changer de rôle, vous éviterez que la lassitude, l’habitude et l’ennui ne remplacent les petites étincelles qui vous chatouillaient lorsque vous étiez en présence de votre conjoint. Pour être des amoureux à nouveau, il ne faut pas que la distance s’installe. Alors il faut provoquer ces moments intimes. Vous savez certainement que sinon, il est facile de vous trouver autre chose à faire. Alors même en étant des partenaires dans votre vie de parents, conservez la bonne habitude d’être des amoureux.

EN PANNE D’IDÉE?

Voici quelques idées pour passer du temps en couple. Il n’est pas nécessaire ou possible de toujours avoir quelqu’un pour garder bébé alors certaines de ces suggestions pourront se faire dans le confort de votre maison.

  • Souper une fois que les enfants dorment, assis par terre à la table du salon,
  • Écouter un film, collés dans la même couverture,
  • Prendre une marche après l’heure du dodo de bébé (il dormira dans sa poussette!),
  • Jouer à un jeu (société, vidéo, etc.),
  • Rien faire! Juste discuter,
  • Soirée de massage,
  • Faire un projet de rénovation/construction/aménagement ensemble,
  • Faire une sortie d’amoureux (resto, théâtre, etc.)
  • Faire un sport en commun,
  • Partager un bain, etc.

 

PAS LE TEMPS?

Idéalement, choisissez-vous au minimum un moment par semaine pour vous retrouver à deux. Si vous n’avez pas le temps de vous offrir vos rendez-vous amoureux, intégrez tout de même des gestes de réciprocités dans votre quotidien. Ils ne prennent souvent que quelques secondes et démontrent votre attention et votre intérêt. Effleurer votre partenaire, donner un long baiser avant le départ du travail, vous faire un câlin plus long qu’à l’habitude, aller vous border si un de vous deux s’endort tôt sont quelques idées qui ne coûtent rien et qui vous rappellent votre complicité.

source :
http://www.mamanpourlavie.com/couple-sexualite/sexualite-intimite/6545-cinq-bonnes-raisons-de-passer-du-temps-en-couple.thtml?page=2

 

Les principaux messages des pleurs

Les pleurs de bébé

Pleurer est le seul moyen dont le bébé dispose pour exprimer sa faim, sa douleur ou son ennui. C’est un véritable réflexe « de survie ». Plus de 25 % des nourrissons pleurent plus de 3 heures par jour.

En moyenne, un nourrisson pleure 2 heures quotidiennement. Cela semble être beaucoup, mais c’est parfaitement normal. C’est aussi une question de tempérament. Certains bébés pleurent plus que d’autres.

Plus vous répondrez rapidement et calmement aux crises de larmes de votre petit, plus il se sentira aimé et en sécurité. Votre façon de réagir conditionnera vos premiers liens d’amour et l’attachement qui vous unira.

Les principaux messages des pleurs

Selon le célèbre pédiatre américain T. Berry Brazelton, le nourrisson a au moins 6 cris différents. Ils expriment : la faim, l’ennui, l’inconfort, les coliques, le défoulement en fin de journée ou la douleur. Peu à peu, vous arriverez à les distinguer. Suivez votre instinct.

Contactez votre médecin si votre bébé :· ne se conduit pas comme d’habitude, ne mange pas, ne dort pas;· fait de la fièvre, vomit ou il a la diarrhée;

· pleure peut-être à cause d’une chute ou d’une blessure;

· il a des pleurs excessifs qui se poursuivent après l’âge de 3 mois.

Si ses pleurs commencent durant les repas :

  • Votre bébé a peut-être envie de sucer plutôt que de manger. Allongez-le ou bercez-le en lui offrant une suce ou un petit jouet pour le distraire.
  • Il a peut-être des
  • Il n’a plus faim, et vous essayez de le forcer.

Si ses pleurs commencent quand il est dans vos bras :

  • Il est fatigué et il veut dormir : couchez-le.
  • Il a faim : donnez-lui à manger. Même si cela ne fait que 2 heures qu’il a bu, il a peut-être encore faim, surtout s’il a une poussée de croissance.
  • Il veut sucer : proposez-lui une suce ou son pouce, ou mettez-le au sein pour le réconforter.
  • Il a besoin de stimulations (jeu, musique, jouet,massage, etc.).
  • Quelque chose le dérange : a-t-il froid? a-t-il chaud (touchez sa nuque pour le savoir)? sa couche est-elle souillée? souffre-t-il d’un érythème fessier? Selon le cas, rectifiez son habillement, changez sa couche ou soignez son érythème.

Si ses pleurs commencent quand il est seul dans son lit :

  • Il est peut-être entre 2 cycles de sommeil. Attendez quelques minutes pour lui donner la chance de se rendormir tout seul.
  • Il a peut-être assez dormi ou a besoin de compagnie.
  • Il a froid, soif ou chaud (touchez sa nuque pour le savoir), ou sa couche est peut-être mouillée.

Faut-il laisser pleurer bébé?
Attention aux idées reçues! L’entourage n’est pas toujours de bon conseil. Fiez-vous plutôt à votre instinct, car personne ne connaît votre petit mieux que vous. Surtout, n’écoutez pas les idées toutes faites, du style : « C’est bien, il développe ses poumons », « Ça forge son caractère », « Il te manipule pour rester dans tes bras », etc. Un nourrisson ne pleure jamais pour manipuler : il ne connaît pas ce sentiment. Et le consoler chaque fois qu’il a une crise de larmes ne risque pas de le gâter. Au contraire, il sera plus calme et moins inquiet!

Dans tous les cas, le pouce ou la suce peuvent être d’un grand secours en tant que procédés « d’auto-réconfort ». Il faut lui apprendre à y avoir recours pendant la journée, quand il est calme. Il les acceptera mieux au moment où il en aura besoin.

Chaque fois que vos efforts seront couronnés de succès, vous vous sentirez encouragé, rassuré et compétent. Inversement, quand vous ne parviendrez pas à consoler votre bébé, vous éprouverez de l’angoisse et manquerez de confiance en vous. Cependant, ces moments sont nécessaires et même favorables : chaque échec vous poussera à prendre du recul, à réfléchir, à observer de mieux en mieux votre enfant, et donc à mieux le connaître.

Pleurs de coliques ou de fatigue?

Si tous ses besoins de base sont satisfaits, mais qu’il continue à pleurer, votre petit souffre probablement de coliques. On peut parler de coliques lorsque l’enfant pleure plus de 3 heures sur 24, au moins 3 jours sur 7, pendant 3 semaines consécutives. Ce sont les pleurs qui bouleversent le plus : on se sent si impuissant à consoler son bébé!

Cette période d’agitation est peut-être aussi, tout simplement, la seule façon que le bébé a de se défouler. C’est la fin de la journée, il est un peu grincheux et, par ses pleurs, il soulage les tensions accumulées au cours de la journée.

Devant ses larmes inexplicables, une stratégie est de le porter sur soi le plus souvent possible pour le réconforter et de voir si ses pleurs diminuent. On peut également tenter de réduire ses sources de stimulation : par exemple, en le mettant doucement sur son lit, au calme, et en le laissant trouver ses propres moyens d’auto-réconfort. Au début, il redoublera peut-être de pleurs, avant de se calmer. Si, en tant que parent, vous éprouvez de la colère, vous vous sentez épuisé et vous perdez votre sang-froid, il est important de demander de l’aide et de vous retirer.

Si, au contraire, vous le manipulez trop, vous risquez de l’exciter davantage, tandis qu’il exprime peut-être son besoin de se reposer.

À bout de nerfs?

N’oubliez pas que votre bébé ressent votre stress et vos tensions. Un parent énervé ne peut calmer son bébé. Alors, voici quelques trucs :

· Passez le relais à votre partenaire de vie ou à une gardienne avant de vous épuiser complètement. Ensuite, allez faire un tour. Cela bénéficiera autant à votre bébé qu’à vous-même.

·  S’il n’y a personne d’autre que votre enfant et vous à la maison, posez-le dans son lit, puis sortez de la pièce quelques instants, le temps de vous calmer et d’appeler quelqu’un qui vous soutiendra. Il peut s’agir d’une amie, d’une gardienne ou même d’une ressource téléphonique comme la ligne Parents  1-800-361-5085.

Attention! ne secouez jamais votre bébé. Vous pourriez causer des lésions permanentes à son cerveau ou même le faire mourir.

source: http://naitreetgrandir.com/fr

 

Pourquoi papa reste zen lorsque bébé pleure?

bébé pleure

Agence Science-Presse | Lorsque bébé pleure, le cerveau de la maman s’active tandis que celui du papa reste paisible, révèle une petite étude américaine menée auprès de 18 femmes et hommes.

Grâce à l’imagerie par résonnance magnétique, les chercheurs ont noté que certaines zones s’activaient dans le cerveau des femmes lorsqu’elles entendaient des pleurs de bébé, alors qu’elles ne s’animaient pas chez les hommes. Ils ont aussi observé cette différence chez ceux et celles qui n’étaient pas parents.

D’autres études sont arrivées à des résultats similaires. Selon les auteurs de la présente étude, comme ce sont les mères qui nourrissent les bébés chez les mammifères, il est normal que les cris de faim les alertent davantage.

Les pères ne seraient cependant pas « sourds » aux pleurs des bébés; ils y réagiraient toutefois différemment selon le type de pleurs. Par exemple, une étude a démontré que les cris aigus de bébés ayant reçu plus tard un diagnostic d’autisme avaient attiré autant l’attention des femmes que des hommes.

Mieux comprendre la réponse des adultes aux pleurs des enfants permet de mieux saisir comment se développe l’instinct parental, pensent les chercheurs.

 

Source : NIH et Famili.fr
21  mai 2013

Génération « hyperparents »

Génération « hyperparents »

Crédit: Istockphoto

Chacun veut le meilleur pour ses petits trésors. Mais… si on arrêtait  d’en faire trop?
Amélie Daoust-Boisvert

Lors d’une récente visite chez son psychologue, Caroline a reconnu qu’elle s’en demandait vraiment trop. «Mon dernier stress était dû au fait que ma fille de 2 ans n’avait pas d’album photo, raconte-t-elle. Je me sentais coupable de ne pas lui procurer ce plaisir. Elle n’aurait pas de souvenirs d’enfance, et ce serait de ma faute!»

Quant à Annie, elle avoue avoir éliminé de sa vie tout ce qui était étranger à la maternité après la naissance de son premier enfant. Ses lectures ? Sur l’éducation. Ses activités ? Cardio-poussette et compagnie. Son épicerie, elle la faisait des fiches nutritionnelles à la main. «Je m’étais investie d’une mission, dit-elle. Ça prenait toute la place dans ma vie.»

Nous avons tous notre conception personnelle du «bon» parent. Mais à partir d’où la belle intention tourne-t-elle à l’obsession un peu malsaine? De nombreux parents se sont confiés à Enfants Québec: tous avaient l’impression d’avoir plongé un peu trop profondément, et un peu à leur insu, dans cette tendance que les Américains nomment l’hyper-parenting.

Un instinct poussé à l’extrême
«L’hyperparentalité naît d’une impulsion naturelle et noble, celle de faire le mieux pour ses enfants», explique Carl Honoré, journaliste canadien vivant désormais en Grande-Bretagne, papa d’un garçon et d’une fille.

Depuis la parution de son livre à succès Under Pressure: Rescuing Our Children from the Culture of Hyper-Parenting en 2008, publié en français sous le titre Laissez les enfants tranquilles !, il est invité partout dans le monde à partager ses constats avec le public.

Selon lui, cette tendance est installée depuis de nombreuses années déjà. La nouvelle norme du «bon» parent fait des parents très «encadrants». Parfois surnommés «parents hélicoptères» dans les médias, leur quotidien est rempli de «il faut».

Il faut: consacrer son temps et son énergie à stimuler ses enfants; s’assurer que tous leurs besoins, les petits comme les grands, sont comblés; les empêcher de tomber, d’échouer, de se faire mal; les amener à exploiter leur plein potentiel.

Il faut aussi lire, se renseigner et constamment évaluer le développement de sa descendance, refuser les performances moyennes, cuisiner bio, garantir à ses petits une future carrière en remplissant leur agenda, dès l’âge de 3 ans, d’activités de toutes sortes, favoriser leur épanouissement physique par le sport, leur payer un tuteur personnel en 1re année. Sans oublier les leçons de musique! Et avec tout cela vient une obligation de consommation: la poussette adaptée, le jouet éducatif, l’école privée super réputée… et même le club de gym pour bambins!

La nouvelle norme
«Le problème est mondial», souligne Carl Honoré dans un français impeccable. Pourquoi en sommes-nous arrivés là?

Peut-être parce que les familles ont rapetissé… «Je n’ai qu’une seule chance de réussir», a justement expliqué la maman d’une petite fille unique. Mais aussi parce que l’idéologie du travail a envahi notre intimité, et que la société de performance et de consommation nous pousse irrésistiblement dans cette direction, marketing à l’appui.

Le phénomène est apparu dans les classes aisées. Il a gagné la classe moyenne. Des juristes américains s’alarment même de voir que des familles moins nanties sont accusées de négligence: non pas pour avoir failli à leur devoir à l’égard des besoins de base, mais pour avoir dérogé à ce modèle érigé en nouvelle norme sociale.

Carl Honoré reste malgré tout confiant. Il croit que l’idée que nous devons ralentir nos ardeurs hyperparentales fait son chemin. «Dernièrement, le premier ministre singapourien a profité d’un discours pour dire que l’obsession de la rapidité et de la compétition nuit aux enfants, alors que ces derniers ont besoin de plus de liberté. Et ce, dans un pays très touché par l’hyperparentalité, où les taux d’obésité et de suicide chez les jeunes sont élevés.»

La psychologue Lorraine Nadeau, elle, n’observe pas de renversement de la tendance. Elle note au contraire, après 25 ans de pratique en CLSC et en cabinet privé, que le phénomène a pris de l’ampleur. Elle croit que, en les «surstimulant» (ne devraient-ils pas apprendre l’alphabet ou le piano à 3 ans?), on donne des «supervitamines» à tous les enfants, même à ceux qui n’en ont pas besoin. «Oui, il y a des enfants curieux et intelligents qu’il faut nourrir, dit-elle. Mais ce n’est pas une raison pour les faire papillonner d’une activité à une autre en leur épargnant les “zones d’ennui”! Parallèlement à cela, on ne sait plus dire non — probablement un moyen de se déculpabiliser de travailler et de ne pas être là. À la maison, tout devient organisé tout le temps, on a peur du vide.»

Effets néfastes
Les deux spécialistes s’entendent néanmoins sur le lot d’effets qu’a entraînés l’hyperparentalité, à ce jour. «Avec tout l’argent, le temps et l’énergie que nous investissons dans nos enfants, nous devrions voir émerger une génération heureuse, en pleine santé, équilibrée, dit Carl Honoré. Or, ce n’est pas le cas. Ce modèle crée des familles égoïstes obnubilées par la performance de leurs enfants. On a fait une caricature de cet instinct bénéfique qui consiste à donner le meilleur à ses petits. C’est comme si élever des enfants était devenu un mélange entre un sport de compétition et le développement d’un produit! On a réduit cela à un projet, comme au travail.» Sans compter la compétition qui s’installe entre parents et l’angoisse qui accompagne le moindre retard. Car le parent intensif devient, invariablement, anxieux.

«Je ressens beaucoup de culpabilité, admet de nouveau Caroline. Après le tourment de l’album photo manquant en survient un autre. C’est un gros stress quand ma fille ne mange pas bien, par exemple. J’en arrive même à me chicaner avec mon chum. Je m’affole, je pleure, j’ai une grosse boule de frustration dans la poitrine. Puis j’ai peur de projeter cette angoisse sur mon bébé…»

Ces hantises dépassent le cadre de la maison. En banlieue, les parcs sont souvent vides et désolés. On craint cet extérieur plein de dangers. «Conséquence: l’obésité gagne du terrain, confirme Carl Honoré. En même temps, on voit de jeunes athlètes qu’on a poussés trop loin se blesser gravement. D’autres encore souffrent très tôt de dépression, d’anxiété, s’automutilent, consomment des drogues. Autre paradoxe, on produit des enfants performants, mais souvent incapables de créativité.»

Un tel chemin peut aussi mener à l’isolement. Des grands-parents se plaignent à la psychologue Lorraine Nadeau de devoir renoncer à garder leurs petits-enfants, car ces derniers viennent avec un mode d’emploi de cinq pages et plein de gadgets qui les laissent perplexes.

Aux premières loges, les éducatrices en garderie et les enseignantes en ont long à raconter également.

Audrey exploite une garderie en milieu familial. Elle a passé quelques années dans le réseau des CPE. Une maman a déjà vérifié si les jouets de la garderie avaient fait l’objet d’un rappel par Santé Canada. «Son enfant, du coup, était très inquiet lui-même, rapporte Audrey. D’autres encore se culpabilisent tellement d’envoyer leurs enfants à la garderie qu’ils cèdent à tout!»

Chantal, quant à elle, enseigne au primaire depuis 15 ans, dans une école publique d’un quartier assez aisé. «Un petit garçon de 7 ans pleurait tous les vendredis, à cause de la dictée, dit-elle. Dans ces cas-là, on peut se retrouver avec une plainte à la direction, pour peu qu’on doive donner un avertissement ou une punition. Par ailleurs, beaucoup d’enfants ne savent pas attacher leurs chaussures ou mettre leurs mitaines… à 8 ans! Ils suivent des cours en tout genre. Ils savent jouer du violon, mais la base (l’autonomie et le respect des règles), ils ne l’ont pas acquise.» Des problèmes que cette enseignante ne rencontrait pas lorsqu’elle travaillait dans un quartier populaire.

Pourtant, aussi bien Audrey que Chantal reconnaissent être tombées dans le piège de l’hyperparentalité avec leurs propres petits. Et s’être sérieusement interrogées en observant les résultats de cette attitude chez les enfants qu’elles côtoyaient. «Je me suis dit stop, arrête !, raconte Chantal. Je n’achète plus de livres sur l’éducation. Même hier à la clinique médicale, je me suis empêchée d’ouvrir des revues.»

Lâcher prise
Pour contrer l’épidémie de ce parentage intensif, Carl Honoré nous propose l’antidote de la lenteur, et de la confiance en nos qualités innées. «La philosophie de la lenteur revient à créer une relation plus fluide et plus ouverte avec nos enfants, dit-il. Dès le début, il s’agit de leur laisser l’espace et le temps nécessaires pour explorer le monde à leur propre rythme. Il n’y a pas de recette universelle. Le principe est que chacun trouve son propre chemin. En ralentissant, on redécouvre l’art d’être soi-même.»

Le journaliste suggère de donner aux enfants de la place pour rêver, se reposer, expérimenter, faire des erreurs et en tirer un enseignement. Des samedis à ne rien faire. Des soirées sans horaire fixé à l’avance. Du bon temps pendant lequel télévisions, ordinateurs, cellulaires et tablettes resteraient fermés.

Et si l’on se faisait confiance? À son deuxième enfant, Annie a décidé de simplement croire en ses aptitudes parentales. Terminé, le calcul des portions de légumes au gramme près. Et de son propre aveu, elle en est devenue beaucoup plus zen!

Caroline commence, pour sa part, à intégrer l’idée que «tous les parents sont imparfaits». «Il faut que je relativise en me disant que ma fille va bien!» conclut-elle.

Pour aider les parents à savoir s’ils vont trop loin, Lorraine Nadeau les invite à se poser une petite question toute simple: pourquoi je fais les choses? Par exemple: pourquoi je fais suivre des cours de violon à mon enfant? Parce que le voisin le fait, parce que c’est bien, parce que cela favorisera sa future admission en médecine?

«Il n’y a pas de solution rapide à ce problème, concède Carl Honoré. Je m’aperçois que de plus en plus de parents, tout comme des écoles et même des gouvernements, remettent en question cette façon d’aborder la vie de famille. Nous partageons tous la sensation de courir contre la montre. Se faire dire de ralentir, cela fait du bien. Le débat ne fait que commencer, mais je suis optimiste.»

Source: Enfants Québec, mai-juin  2013

Les relevailles: loin d’être démodées

Toutes les femmes n’ont pas la chance d’avoir une mère, une sœur ou une voisine pour les aider à se remettre d’un accouchement. Si, il y a quelques décennies, l’entourage soutenait spontanément les nouvelles mères, aujourd’hui, des « releveuses » professionnelles leur permettent de souffler.

Quand Carmel Ménard a accouché de ses sept enfants entre 1947 et 1961, dans le village de Saint-Magloire, dans la Chaudière-Appalaches, elle a eu droit à tout un coup de main, qu’on appelait alors « les relevailles ». « Pendant un mois, à chaque accouchement, une de mes sœurs qui n’avait pas encore d’enfants ou une petite fille d’un rang voisin venait s’occuper de tout dans la maison, raconte cette femme aux cheveux blancs immaculés qui vient de souffler 87 bougies. J’avais juste à prendre soin de mon bébé. »

Lorsque Fabiola Joseph a donné naissance à son petit Kendrick en 2013, elle s’est retrouvée seule devant la tâche beaucoup plus rapidement, surtout que le père de l’enfant vit aux États-Unis. La nouvelle maman est pourtant bien entourée. « Mais je n’aime pas ça, tout le temps demander à ma famille de venir m’aider. Ma mère travaille, mon père est retraité, mais a ses activités, et ma sœur, déjà surchargée au travail, est cernée jusque-là », raconte la fonctionnaire dans son salon de Pointe-aux-Trembles, le bambin en train de se réveiller doucement dans ses bras.

Photographie de Diane Ferland et ses deux bébés.

« C’est toujours différent. Certaines mamans ont juste besoin de jaser pendant trois heures. J’accompagne certaines à des rendez-vous, chez d’autres, je plie du linge. » — Diane Ferland, « releveuse » de profession aux Relevailles de Montréal.

La tradition des relevailles est-elle disparue? Pas tout à fait. Dans le fauteuil à côté de Fabiola Joseph est assise Diane Ferland, « releveuse » de profession aux Relevailles de Montréal, un organisme à but non lucratif fondé en 1985. Chaque semaine, cette assistante périnatale passe un après-midi chez sa cliente à discuter, à prodiguer des conseils, à faire des travaux ménagers légers ou à s’occuper de l’enfant. « Sans ce service, j’aurais peut-être fait une dépression post-partum », avoue Fabiola. Elle a contacté l’organisme un mois après son accouchement, complètement épuisée.

Vide à combler

La tradition des relevailles vient d’une fausse croyance médicale qui clouait les accouchées au lit, explique Suzanne Marchand, ethnologue et auteure de Partir pour la famille. Fécondité, grossesse et accouchement au Québec, 1900-1950 (Septentrion, 2012). « Pendant longtemps, on disait qu’il fallait rester au lit pendant neuf jours après l’accouchement pour que les organes aient le temps de se replacer. On disait que si les nouvelles mères ne se reposaient pas suffisamment, elles auraient des problèmes de santé. Ce devait être difficile pour plusieurs de respecter cette consigne avec tout le travail qu’elles avaient à la maison, mais les femmes s’entraidaient beaucoup. » Les familles étant nombreuses à l’époque, une femme pouvait compter sur plusieurs sœurs pour l’aider, souligne-t-elle.

Le vent a tourné quand les femmes ont commencé à accoucher plus souvent à l’hôpital à partir des années 1950, perturbant le rituel. En parallèle, « la société est devenue de plus en plus individualiste », observe Suzanne Marchand. Pour combler le vide, des organismes communautaires offrant des services de relevailles ont commencé à voir le jour dans les années 1980 au Québec, mais leur nombre s’est accru ces 20 dernières années. Fortes de leur propre expérience de mères, les aides-mamans ou assistantes périnatales ont envie de partager leurs connaissances. Les tarifs varient en fonction du revenu des familles (de 0 à 18 $ l’heure au Groupe Les Relevailles de Québec, et de 0 à 40 $ par bloc de trois heures aux Relevailles de Montréal) et sont donc à la portée de toutes les bourses. Des centres privés offrent également de tels services pour environ 20 à 30 $ l’heure.

Photographie de Gaëtane Tremblay.

« Certains proches sont présents, mais leur façon d’aider, c’est de donner mille conseils et de rappeler qu’ils ont eu huit enfants et que pour eux, ça marchait bien. » — Gaëtane Tremblay, directrice générale du Groupe Les Relevailles de Québec

La demande est « exponentielle », selon Gaëtane Tremblay, directrice générale du plus ancien organisme québécois offrant ce type de services, le Groupe Les Relevailles de Québec, établi en 1981. « On a beaucoup de demandes de nouveaux parents qui habitent loin de leur famille (dont des immigrants), de familles monoparentales ou de parents d’enfants malades. L’important, c’est d’utiliser le service avant que l’épuisement s’installe. »En 2013-2014, l’organisme a offert près de 8 500 heures à domicile dans 261 foyers — une moyenne de 32,5 heures par famille.

À l’aide!

Les pères d’aujourd’hui ont beau s’impliquer davantage, ils retournent généralement au travail rapidement, laissant les mères seules une bonne partie de la journée. En 2012, les pères québécois ayant choisi le programme de base du Régime québécois d’assurance parentale ont pris en moyenne 6 semaines de congé, alors que leur conjointe est restée à la maison 48 semaines, selon le Conseil de gestion de l’assurance parentale. Ces 6 semaines ne sont toutefois pas nécessairement prises tout de suite après l’accouchement.

Les séjours à l’hôpital, eux, raccourcissent. L’accouchée a donc moins de temps pour se remettre sur pied. Entre 1998 et 2012, la durée moyenne du séjour à l’hôpital lors de l’accouchement est passée de 3,15 jours à 2,62 jours, soit une chute de 17 %, selon le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.

Photographie d'Annie Bouchard.

« On n’accepte plus comme avant de se faire aider. On se dit qu’on devrait être capable de tout faire seul, sinon, c’est s’avouer faible. » — Annie Bouchard, fondatrice du centre périnatal privé La Source en soi

Même les nouveaux parents bien entourés font partie de la clientèle des différents centres. « On n’accepte plus comme avant de se faire aider », remarque Annie Bouchard, fondatrice du centre périnatal privé La Source en soi, installé dans un duplex converti de la rue Beaubien, à Montréal.« On se dit qu’on devrait être capable de tout faire seul, sinon, c’est s’avouer faible. » Un phénomène qu’observe également Gaëtane Tremblay, à Québec. « Des femmes nous appellent à l’aide parce que leur belle-mère s’en vient en visite et que la maison n’est pas en ordre! Pour les mères d’aujourd’hui, il faut que tout soit parfait. Elles considèrent comme un échec de demander de l’aide à leur entourage. Dans ces cas-là, ce n’est pas juste le bébé qui pleure… »

Parler, nettoyer, catiner

Entre Diane Ferland et Fabiola Joseph, ça a cliqué tout de suite… ou presque. « Pour être honnête, ça a cliqué à la deuxième visite, car à la première, je lui ai juste mis Kendrick dans les bras pour aller me coucher! »se souvient la maman en rigolant.

Son assistante périnatale visite 10 familles chaque semaine, à raison d’une demi-journée chez chacune. « C’est toujours différent, raconte Diane Ferland. Il y a des mamans qui ont juste besoin de jaser pendant trois heures. J’accompagne certaines à des rendez-vous, chez d’autres, je plie du linge. » Certaines refusent de la laisser prendre leur enfant dans ses bras au début, tandis que d’autres lui font tellement confiance qu’elles sortent de la maison et oublient de lui donner les indications pour les boires!

Mais les aides-mamans ne viennent pas suppléer les parents à chaque visite.« L’idée, c’est de permettre aux parents de créer leur nid, d’apprendre à connaître leur bébé et de se percevoir comme compétents, explique Annie Bouchard. Le but, c’est qu’ils passent du temps avec l’enfant. Mais si une maman a juste besoin de se reposer, on respecte ça aussi. »

Place à amélioration

Si ces services d’aide à domicile apportent un soutien considérable aux parents d’un nouveau-né, changer certains comportements permettrait de bonifier les renforts. Parfois, leur entourage aurait intérêt à revoir son attitude, remarque Gaëtane Tremblay. « Certains proches sont présents, mais leur façon d’aider, c’est de donner mille conseils et de rappeler qu’ils ont eu huit enfants et que pour eux, ça marchait bien. À ce moment-là, la mère culpabilise, parce qu’elle n’en a qu’un et que ça ne va pas du tout. »Elle suggère d’arriver avec un plat préparé chez les nouveaux parents en congé parental, plutôt que de s’inviter pour l’heure du thé.

Quant aux mères, elles doivent apprendre à faire appel à leur réseau sans gêne. Et à déléguer plus de tâches au père! « Il faut lâcher prise et permettre au conjoint de prendre plus de place », précise Gaëtane Tremblay. C’est ce que les aides-mamans tentent de rappeler aux clientes à bout de souffle.

Le petit Kendrick était sur le point de fêter son premier anniversaire lors de notre visite. La fin des services de Diane Ferland approchait donc pour Fabiola Joseph. Les yeux des deux femmes se sont embués à plusieurs reprises lorsque planait le spectre de l’échéance de ces rencontres hebdomadaires. Et dire que la mère a hésité à profiter de ce précieux coup de pouce à domicile… « Au début, je n’étais pas certaine de vouloir laisser entrer quelqu’un que je ne connaissais pas chez moi. J’avais peur que cette personne me juge parce que je ne me sentais pas très habile avec mon enfant. » Elle a plutôt trouvé en Diane Ferland une oreille et une épaule incroyables, qui lui ont permis de gagner en confiance.

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Le besoin de pleurer des bébés.

Par Alice Trépanier
18/08/2014

Des fois, les bébés ont besoin de pleurer. Certains davantage, d’autre moins, parfois plus intensément et pour un tas de raisons. On y fait souvent référence dans notre société à ce besoin de pleurer. Mais le comprenons-nous de façon juste?

On en parle souvent par rapport au moment du coucher, par exemple :

– Laisse-le pleurer un bon coup et ensuite il s’endormira. Laisse-le faire, ça lui fera du bien, disent-ils. 

 Le besoin de Bébé de s’exprimer par les pleurs justifie-t-il de le laisser pleurer seul?

C’est vrai que les bébés ont besoin d’exprimer leurs émotions, de s’exprimer tout court. Ils sont humains et leur cerveau est très immature ce qui le rend hautement réactif à tous les événements de la vie.

 D’abord, les bébés ont parfois besoin de pleurer pour signaler un besoin. Il est important de noter que généralement les pleurs sont le dernier recours des bébés pour s’exprimer afin de signaler un besoin. Ils communiqueront avant par le langage non verbal, par des bruits, du babillage, des expressions faciales, en suivant son parent, par exemple, en fonction des capacités propres à son âge.

À ce moment, c’est au parent de répondre au besoin de son enfant de façon sensible : avec chaleur, rapidité et en cohérence avec la situation. Bien souvent, un bébé au lien d’attachement sécure s’arrêtera de pleurer lorsque son parent satisfait son besoin. C’est ce qui se produit la majorité du temps en ce qui a trait aux pleurs. On ne peut pas dire dans ces cas-là qu’il s’agit d’un besoin de pleurer tel que nous le définirons plus bas. C’est simplement un besoin autre (proximité, boire, etc.) qui est signalé. Parfois après avoir tenté de répondre aux besoins de Bébé d’une façon qui fonctionne pour lui habituellement, on réalise qu’il pleure encore. À ce moment, on peut penser que bébé a peut-être besoin de pleurer.

 À ce sujet on entend souvent ce type de croyance :

– Un bébé qui pleure le soir est un bébé fatigué qui a besoin de dormir. Il n’est juste pas content d’être trop fatigué ou de devoir dormir.

 Il se peut en effet que Bébé ait besoin de pleurer parce que c’est une façon pour lui de sortir son énergie, de se délester du trop plein d’émotions ou de stimulations emmagasinées au cours de la journée. Cela se produit souvent en fin de journée, au moment du coucher. Des fois c’est parce que son corps, son cerveau sont très engagés dans une excitation due à une phase de développement. D’autres fois, c’est parce qu’il est fatigué. Aussi il peut être difficile à certains moments de se laisser aller doucement au sommeil selon ce qu’on a vécu durant la journée. Cela arrive aux adultes et aux enfants également. D’autres fois, ce sera à la suite d’une journée très riche où il a vu beaucoup de gens, exploré beaucoup de lieux. Ou alors à cause d’un événement stressant ou pour plusieurs autres raisons.

 En fait on n’a pas besoin d’identifier une raison précisément, il importe seulement de faire confiance à son bébé : il ne pleure pas pour rien. Les pleurs ont une fonction. Et ceux dont on parle ici sont souvent appelés «pleurs de décharge». Ils ont comme fonction de vider un trop-plein. Cela dit, il est intéressant de se pencher sur la cause des pleurs de décharge afin d’agir sur celle-ci lorsque c’est possible. Par exemple, si on croit que Bébé est en état de surstimulation, entre autres, il est approprié de lui proposer des activités moins stimulantes en fin de journée ou tenter d’être davantage attentif à son besoin de moduler l’intensité des stimuli.

Gardons en tête qu’il peut y avoir plus qu’une cause à ces pleurs de décharge, que ces causes peuvent être floues et que nous pouvons nous tromper sur celles-ci. Par exemple, combien de parents croient que leur bébé pleure «pour rien» et se sont aperçus trois jours plus tard qu’une dent pointait ou alors ils ont appris que leur bébé était en pleine angoisse de séparation et qu’il avait trouvé stressant de passer ces quelques heures éloigné de sa mère, etc.

Et surtout, il se peut très bien que nous n’arrivions pas à définir exactement la/les raisons des pleurs. Cette quête des raisons des pleurs des bébés souvent associées trop rapidement à l’unique cause de la fatigue nous éloigne en fait de l’essentiel qui est de faire sentir à Bébé notre disponibilité pour le sécuriser. Pourquoi ne pas tout simplement accepter son bébé dans ce qu’il vit sans essayer de le rationaliser? Nous n’avons pas à nous poser en juge des motifs de pleurs de Bébé, à savoir si c’est «important» ou «grave» à nos yeux d’adultes. Ça l’est pour Bébé et c’est tout ce qui compte. Faisons-lui confiance, il nous guide vers ses besoins.

Il arrive donc de ces moments où Bébé a besoin de se décharger d’un trop-plein. C’est en ce sens qu’il est juste de dire que les bébés ont parfois besoin de pleurer.

 Et voici la conclusion à laquelle la croyance populaire arrive :

– Il faut laisser Bébé pleurer seul puisqu’il a «juste» besoin d’évacuer un trop-plein ou pour lui laisser «la chance» de s’endormir.

 Et c’est à ce moment qu’une nuance d’une importance capitale est à apporter :

Il est important de laisser Bébé se libérer en pleurant. Nous sommes bien d’accord, si c’est ce dont il a besoin.

Par contre, si Bébé a besoin de pleurer, il a tout autant besoin d’être ACCOMPAGNÉ dans ses pleurs. 
Ce besoin d’expression du bébé n’indique aucunement un besoin d’être laissé seul avec son ressenti. Au contraire, les tout-petits avec leur cerveau immature ont besoin de la présence rassurante d’un adulte sécurisant pour les aider à se réguler. C’est vrai en tout temps, mais encore plus lorsque c’est la tempête en eux. C’est uniquement ainsi qu’ils seront à même, un jour, progressivement, de réguler leurs émotions par eux-mêmes, de s’autoréguler.

 C’est le cas également lorsqu’il s’agit de pleurs de décharge. Ils ont besoin d’être accompagnés dans ces moments aussi. Nous, adultes, savons rationnellement qu’ils ont besoin d’évacuer un trop plein. Mais eux vivent une forme de détresse bien réelle. Ils ont besoin d’être entendus, vus et soutenus là-dedans. Les laisser seuls à ce moment c’est ne pas répondre à leur besoin de sécurité.

 À cela plusieurs vont dire :

– Oui, mais il faut faire la différence entre les pleurs. Je sais reconnaître les pleurs de fatigue des pleurs de détresse. 

 La science montre clairement que, pour un bébé, pleurer en étant accompagné de façon sensible fait toute la différence du monde si on le compare au fait de pleurer dans la même situation, mais laissé seul (Gunnar, 2006). Pleurer fait sécréter du cortisol, hormone du stress, dans le système du bébé. S’il pleure, c’est qu’il vit une situation stressante pour lui, que ce soit en ressentant la faim, une douleur, une frustration ou de l’angoisse de séparation ou un trop-plein à décharger. Lorsque le bébé pleure seul, ces taux de cortisol augmentent exponentiellement et cela peut être dangereux sur plusieurs plans. Avant tout, il s’agit d’un moment très souffrant psychologiquement et physiquement pour le bébé. Les études sur le sujet indiquent clairement que si un bébé pleure, mais qu’il est soutenu par son parent qui répond de façon sensible à ses besoins, même s’il pleure à s’époumoner ou longtemps, son taux de stress n’augmentera pas de façon significative, comme il le ferait s’il était laissé seul à pleurer. La présence d’un parent rassurant est un rempart contre la détresse interne que Bébé vit en pleurant. Cela fonctionne parce qu’ainsi il sent la disponibilité physique et affective de son parent, ce qui le sécurise.

 Un bébé qui pleure pour se décharger d’un trop-plein et qui n’est pas accompagné pleurera maintenant en plus parce qu’il est laissé seul face à son ressenti. Les bébés sont trop immatures pour gérer eux-mêmes des états assez intenses pour les faire pleurer. S’ils se calment, ce n’est pas parce qu’ils finissent par s’autoréguler, mais parce qu’ils se sont résignés au fait qu’on ne répondra pas à leur besoin. Ils apprennent à réprimer leurs émotions.

Il est donc impossible de dire qu’on laisse pleurer un bébé parce qu’il a «juste» besoin de dépenser son énergie dès lors qu’on le laisse seul avec ses pleurs, on vient de rajouter un nouveau motif de détresse, ce qui accroît son stress et sa souffrance.

 À ce sujet on entend souvent aussi ceci :

– Oui, mais vous allez le stimuler en restant avec lui pour essayer de le consoler si Bébé veut.

 Eh bien, ce n’est pas le cas si le bébé est accompagné de façon sensible. Il ne s’agit pas de le prendre et de lui faire faire «tigalop tigalop» sur nos genoux ou de le chatouiller pour lui changer les idées. Une façon d’accompagner un bébé en pleurs de décharge est de le laisser tout simplement pleurer dans nos bras ou en portage, collé contre nous.

 Cela peut être éprouvant s’il pleure beaucoup ou fort. En même temps, si c’est une situation difficile pour nous on peut imaginer comme ça l’est pour lui. Toutefois, il est important de rappeler que le seul moment où il est préférable de laisse pleurer Bébé seul pour son propre bien est si le parent ne se sent plus capable de se contrôler et ne peut plus assurer la sécurité physique de son bébé. Il est toujours préférable de déposer Bébé avant d’en arriver à avoir envie de le secouer, par exemple. Il faut alors le déposer dans les bras de quelqu’un d’autre si possible, sinon, dans n’importe quel lieu sécuritaire.

 Aussi, certains bébés ont besoin de bouger lors de leurs pleurs de décharge. C’est entre autres, ce qui les aide à évacuer le trop-plein. Il est alors possible de s’allonger à côté d’eux et les laisser rouler et gigoter comme ils en ont besoin tout en déposant une main sur leur dos ou tout simplement en étant disponible s’ils ont besoin de venir téter ou se blottir contre son parent. Ou alors, si ce n’est pas possible on peut rester le plus près qu’on peut de Bébé, attentif et disponible pour un contact physique. Les contacts physiques ont un impact très fort en faisant sécréter chez le bébé et chez le parent de l’ocytocine, hormone de la relaxation, de l’apaisement et du réconfort.

L’important est de demeurer à l’écoute et d’accompagner de façon sensible. La sensibilité est déterminante. Se tenir debout dans la même pièce que Bébé l’air froid ou neutre, ou simplement lui parler ou lui flatter le dos alors qu’il a besoin d’être pris ne suffit pas pour que l’effet anti-stress ait lieu, de même que de le garder serré contre soi alors qu’il a besoin de bouger, par exemple. Loin d’apaiser le stress, ces comportements d’une faible sensibilité l’augmentent.

Aussi, la science a démontré que la tétée non nutritive, la tétée qu’on appelle souvent de «réconfort», a comme effet d’apaiser Bébé au point où elle met son cerveau dans un état de profonde relaxation, état propice au sommeil réparateur et à la consolidation des apprentissages et du développement.

Le besoin de succion est un comportement d’attachement. Ce n’est pas que la succion qui fait que Bébé s’apaisera, mais tout le contexte où il est blotti contre sa maman. Si Bébé n’est pas allaité, mais qu’il a une suce (tétine), il est important que ce soit complémentaire au fait d’être collé sur son parent et non en remplacement d’une présence parentale chaleureuse. Téter aidera Bébé à sortir de son épisode de pleurs de décharge.

 Un autre commentaire qu’on entend souvent dans notre société à ce sujet est celui-ci :

– D’accord, ne pas le laisser pleurer, mais rendu à un certain âge, il faut qu’il devienne autonome!

 J’aurai l’occasion de vous en reparler dans un autre texte. Mais non, il n’y a pas d’âge où il devient acceptable de laisser Bébé pleurer seul! On ne laisse pas pleurer seul quelqu’un qui a besoin d’être soutenu, que ce soit à 3 mois, 3 ans ou 30 ans! L’autonomie saine ne s’acquiert pas en se retrouvant seul face à des ressentis ingérables pour un âge précoce, mais bien en puisant dans le sentiment de sécurité acquis au contact d’un parent répondant à son enfant avec sensibilité.

 Certains vont même pousser ce type de croyance populaire à son comble en allant jusqu’à promouvoir ainsi le laisser pleurer :

– Les bébés s’expriment par les pleurs DONC il faut leur laisser le droit de s’exprimer.

 Si les bébés sont assez immatures pour ne pouvoir s’exprimer que par les pleurs leur ressenti de trop plein, ils ne sont pas en mesure de gérer seul cette situation qui les touche. Leur immaturité devrait à elle seule être un critère suffisant pour ne pas les laisser gérer seul ce qu’ils ne peuvent exprimer que par les pleurs.

 Néanmoins, l’idée du «droit» des bébés de pleurer retient aussi particulièrement l’attention ici. Comme nous l’avons vu, quand un bébé pleure c’est qu’il a besoin d’être accompagné peu importe la cause des pleurs, car il vit quelque chose d’assez intense pour le faire pleurer. Il apparaît totalement incohérent (c’est le moins qu’on puisse dire) d’affirmer se soucier autant du droit des bébés à s’exprimer alors qu’on ne déploiera pas d’effort pour tenter de répondre à son besoin. C’est comme dire à Bébé : «Tu as le droit de parler de ce que tu vis, mais parle tout seul.» Ou «Vas-y! Exprime-toi! Mais je ne t’écouterai pas!» C’est comme ça que Bébé le ressent.

 Et, au fond, quel style parental respecte le plus le droit du bébé à pleurer et s’exprimer? Celui qui ne répond pas à ses pleurs (extinction) et celui qui l’ignore pour des périodes progressivement de plus en plus longues (extinction graduelle), menant ainsi l’enfant soit à s’endormir seul alors qu’il avait besoin de soutien, soit à se résigner à arrêter de s’exprimer ou à le faire de façon insécure? Ou alors celui qui est à l’écoute du bébé et l’accompagne dans ses pleurs, renforçant ainsi son sentiment de confiance en sa capacité d’expression de ses besoins et en la réponse de l’autre? Le bébé confiant s’exprimera lorsqu’il en a besoin alors que l’autre sentira qu’il n’est pas entendu et finira par se taire. Et lorsqu’il éclatera, incapable de se contrôler, il sera beaucoup plus difficile de le consoler puisqu’il sera insécurisé par ces moments où il n’a pas pu compter sur son parent pour le soutenir. Il s’agit là de faits solidement reconnus par la science et soutenus par l’instinct parental.

 «Laisser Bébé pleurer seul parce qu’il en a besoin, pour son bien» n’est rien de moins qu’une fable populaire! C’est en accompagnant Bébé de façon sensible dans ses pleurs qu’on lui montre qu’il a ledroit de s’exprimer ET qu’on l’encourage réellement à le faire, lui assurant un soutien inconditionnel qu’il viendra à intérioriser au fil du temps.

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©Alice Trépanier
http://www.alicetrepanier.com/#!Le-«besoin»-de-pleurer-des-bébés/cag/1B39AAAE-839A-45F7-85DB-859062E0172E

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